3 questions à ...
Fadhila Brahimi

1. Quels sont les points clés d’une gestion efficace de son identité numérique sur Internet ?
Une récente étude de
Microsoft révèle que "
69 % des Français [se sentent] concernés par l’impact de leur réputation en ligne sur leur vie privée et professionnelle"
[..] Pourtant seule une personne sur trois en France (32 %), se préoccupe systématiquement de la trace laissée au moment où elle poste du contenu sur Internet."
Ce constat marque une avancée positive : la prise de conscience est manifeste ! Toutefois, il reste à conjuguer "prise de conscience" et "action".
En guise de préambule, il me semble utile de poser deux postulats :
1. Tous à la même enseigne : nous sommes tous concernés : personnes, entreprises, organisations. Quelles que soient
notre activité et notre statut professionnel, quelle que soit notre pratique du Web (à titre personnel ou
professionnel), quel que soit notre âge.
2. Tous un jour sur le Web : nous allons tous être happés par le Web que nous le voulions ou non : pour faire un achat, répondre à un sondage, gérer son profil emploi, rechercher des réponses à un problème de la vie quotidienne, etc. Par des traces laissées par nous ou par d'autres.
Les traces sont nombreuses et variées : données personnelles et professionnelles, commentaires, vote ou notation, vidéo-image-texte, document pdf ou Powerpoint, etc.
Ne diabolisons pas le Web ! Le risque est de rester attentif. Etre pro-actif peut réellement être profitable si vous vous posez les bonnes questions (donner du sens à votre présence numérique) et agissez avec réflexion.
Quelques questions pour vous y aider. Attention, mes conseils sont interdépendants :
1/ Déterminez vos curseurs entre vie privée/vie publique et vie personnelle/vie professionnelle. Est-ce que l'action que je réalise est de nature publique (j'accepte que l'on trouve cette information) ou privée (je souhaite que cette trace reste dans ma sphère privée) ? La réponse est individuelle et personnelle. Par exemple : il s'agit de publier sous son véritable nom les informations publiques qui elles servent son projet professionnel et de choisir un pseudo pour le reste. (Voir aussi le point 3)
2/ Protégez vos informations d'identification : numéro de téléphone, adresse, mot de passe, compte bancaire, date de naissance. C'est-à dire de les mettre uniquement sur des sites sécurisés ou sur des sites qui proposent la possibilité de les masquer.
3/ Paramétrez vos profils en fonction des points 1 et 2. Tous les sites de type "médias sociaux" disposent d'une application "mon profil" ou "paramètres". Certains proposent même de cibler les personnes avec lesquelles on souhaite partager certaines données.
4/ Qualifiez les sites en fonction de votre activité et les profils "amis". Distinguer vos contacts selon leur appartenance (sphères : amicale, professionnelle, familiale, etc.).
5/ Soignez vos profils publics pour qu'ils agissent en faveur de votre projet de vie professionnelle avec cohérence et pertinence. Exemple, une présentation de 2 lignes ou 5 lignes sur vos compétences et talents, un lien vers votre profil professionnel, votre projet et/ou centres d'intérêts, une photo professionnelle.
6/ Soyez pro-actif en réalisant une veille et en considérant qu'un profil n'a de valeur que s'il vit c'est-à-dire si celui-ci est actif (cf. question suivante).
2. Quels sont les outils qu’il convient de privilégier pour surveiller son identité numérique au-delà des abonnements aux alertes Google et Twitter ? Et selon vous quelles seront les applications novatrices qui permettent de faire gagner du temps ?
Mettre en place une alerte Google et Twitter est un préalable à ne pas négliger ! Il s'agit de faire une veille sur son nom et nom/prénom, pseudo, activité professionnelle (secteur, métier) et ses marques (entreprise, concept).
Il n'y a pas d'outils innovants mais des outils adaptés à la forme de la présence et aux enjeux.
1/ Des outils de veille traditionnels :
Les outils pour vérifier toutes ses présences en ligne et particulièrement les médias sociaux qui font apparaître votre nom :
Addictomatic,
Howsocialble,
IceRocket.
Le site qui permet de valider que vous êtes bien l'auteur des commentaires laissés sur le Web
Backtype. L'inconvénient est qu'il ne recense pas tous les sites.
2/ Des outils de bilan et de perfectionnement :
Les moteurs de recherche de personnes permettent de faire un point sur la manière dont vous pouvez être perçus par des personnes qui chercheraient à avoir des informations sur vous :
123people et
WebMii. Avec un grand bémol, vous êtes assimilés à vos homonymes. D'où l'importance de travailler sa différentiation et les éléments qui vous distingueront de vos homonymes (cf. point 5 de la première question).
3/ Son propre réseau. Développer et maintenir un lien avec son réseau offre une méthode naturelle pour à la fois recevoir des feedbacks sur la manière dont vous gérez votre profil et sur les attaques possibles.
4/ Si vous bloguez, certaines plates-formes proposent des plugs-in d'alertes pour les liens qui pointent sur votre site (ping, trackback). Google Blog Search, Wikio, Technorati vous donneront la liste des sites et des blogs qui référencent votre site ou blog.
5/ Plus vous serez actifs et productifs, plus vous aurez besoin d'outils de pointe comme
Searchles ou
StepRep. Ou même de sous-traiter votre veille à une agence d'e-réputation.
Pour mes clients, j'élabore des outils spécifiques en fonction de leur positionnement, de leur cible et de leur stratégie de marque. Dans ce contexte, il importe de croiser plusieurs données, de les classifier et d'identifier leurs impacts.
Il n'y a pas d'outils miracles mais des actions spécifiques au cas par cas.
3. Enfin, que pensez-vous de la fonction de Community manager qui commence à émerger dans les entreprises ? Et quelle doit être aujourd’hui la stratégie d’une entreprise sur les réseaux sociaux pour qu’elle puisse avoir un bon retour sur investissement ?
Le Community Management est une fonction inhérente à la gestion de la présence en ligne. C'est un nouveau métier pas un gadget. Une entreprise se doit être présente sur le Web. Mais dans un contexte d'évolution vers un marketing relationnel et conversationnel, sa présence ne peut se résoudre à un site corporate statique. Etre présent sur le Web, c'est animer la Marque.
Cette animation suppose une présence dans les médias sociaux, produire du contenu, faire vivre et partager son identité de marque à une communauté.
L' image numérique doit être bien plus que le simple reflet de l'identité physique de l'entreprise. Il s'agit de l'humaniser par la conversation, la création de valeur, l'écoute, la prise en compte des avis et retours clients, etc.
C'est le rôle du Community Manager.
La règle d'or est de considérer cette activité comme un investissement stratégique incontournable et indiscutable. Il n'y a pas de RoI immédiat, quantifiable et visible en période de croisière. C'est au lancement d'un projet ou en période de crise que vous constaterez l'avantage d'avoir été pro-actif. Disons même qu'il n'existe pas de RoI en cas de non présence.
Préférez-vous que vos clients jugent vos services et vos produits à la lecture d'articles ou de commentaires publiés ça et là ? Ou préférerez-vous que votre image de marque soit gérée par vous ?
Là est la question !
Si vous pensez qu'il vous appartient d'être Le média de votre marque alors il importe de mettre en place un Community Management en charge de votre stratégie de présence en ligne pour veiller, surveiller, animer, recueillir, traiter et échanger.
8 février 2010
Fadhila Brahimi est P-DG et fondatrice de FB-Associés. Coach en stratégie de
présence, certifiée par l'ICF, elle est
conférencière professionnelle en Personal Branding (Identité, Image, Réputation) et Community Management
(réseaux et médias sociaux). Elle est également responsable éditorial du 1er blog francophone sur le
Personal Branding.
Bonus
3 eBooks pour animer sa marque et gérer son identité numérique et
réputation en ligne ;
Première fiche de poste publiée en ligne sur le
Community Management ;
Et des vidéos
tutorials.
Christiane Féral-Schuhl

1. En matière d’utilisation d’outils technologiques mis à la disposition des salariés, les règles de transparence et de proportionnalité sont-elles constatées dans les faits ? Quid des frontières vie professionnelle/vie personnelle ? Et que préconisez-vous ?
L’employeur dispose du pouvoir de contrôle sur les outils de travail à charge pour lui de respecter les deux règles que vous évoquez : la transparence (l’information des employés et du comité d’entreprise lorsqu’il en existe un) et la proportionnalité (le dispositif de contrôle doit être justifié par la nature de la tâche à effectuer et proportionné au but recherché).
Dans la pratique, le respect de ces principes est vérifié et sanctionné tant par les juges qui vont écarter les moyens de preuve obtenus à partir de dispositifs de contrôle clandestin, que par la CNIL qui peut condamner la société à une amende lorsqu’elle utilise un dispositif de contrôle de l’activité de ses salariés sans les en avoir préalablement informés.
Mais il convient toutefois de signaler cet arrêt de la Cour de cassation en date du 29 janvier 2008 qui a admis que les relevés d’appels téléphoniques produits par l’employeur pouvaient justifier le licenciement de l’employé pour utilisation abusive de son téléphone professionnel, alors même que les salariés n’avaient pas été spécifiquement informés de ce procédé de contrôle. Le salarié a vainement tenté de se prévaloir de l’irrecevabilité de la preuve produite. La Haute juridiction a considéré que la simple vérification des relevés de la durée, du coût et des numéros des appels téléphoniques passés à partir de chaque poste, édités au moyen de l’autocommutateur téléphonique de l’entreprise, ne constitue pas un procédé de surveillance illicite pour ne pas avoir été préalablement porté à la connaissance du salarié. Une réserve doit toutefois être apportée puisque la question de la conformité à la loi informatique et libertés de la collecte de données personnelles des employés au travers des relevés téléphoniques n’a pas été soulevée en l’espèce.
Plus généralement, on observe que si le principe selon lequel chaque employé dispose d’une zone de liberté individuelle est acquis, la jurisprudence procède à une analyse sévère. La Cour d’appel de Limoges a ainsi considéré que « si l’employeur met (la messagerie) à la disposition des salariés, c’est à l’évidence dans l’intérêt exclusif de l’entreprise et pour l’exécution des tâches qui leur sont confiées et dès lors l’appelant ne peut donc pas se prévaloir de ce que l’usage de cette installation à des fins personnelles n’aurait pas été expressément interdit » (CA Limoges, ch. soc., 23 févr. 2009). De même, la Cour de cassation considère que les connexions internet effectuées par un salarié depuis son poste et durant ses horaires de travail sont présumées avoir un caractère professionnel (Soc. 9 juillet 2008).
En termes de préconisation, il m’apparaît donc indispensable de préciser les droits et obligations de l’employé concernant l’utilisation des outils technologiques mis à sa disposition. Cette information se fait classiquement dans le règlement intérieur ou encore par la voie d’une charte, voire dans le contrat de travail. Les tribunaux n’hésitent plus aujourd’hui à donner à la charte une valeur juridique contraignante pour l’employé.
2. Quels pourraient être les points clés d’une charte d’utilisation des réseaux sociaux en entreprise ? Et finalement un réseau social interne à l’entreprise est-il l’approche complémentaire nécessaire à l’utilisation d’autres réseaux sociaux ouverts à tous ?
Avant de définir les points clés d’une charte d’utilisation des réseaux sociaux, il faut définir la politique de l’entreprise.
Il est intéressant de noter que la plupart des entreprises adoptent la politique du « laisser-faire », autorisant ainsi implicitement la connexion aux réseaux sociaux personnels via la connexion professionnelle. Or, une telle politique peut engager la responsabilité de l’entreprise, par exemple, s’il est établi qu’une information préjudiciable a été diffusée via la connexion professionnelle.
Certaines entreprises, notamment dans le domaine bancaire, choisissent d’interdire l’accès aux réseaux sociaux à partir du poste de travail. Cette approche est possible, à charge bien sûr de se conformer aux règles précédemment évoquées : la transparence et la proportionnalité. Dans ce cas, la charte pourrait énoncer le principe de l’interdiction et organiser les conditions dans lesquelles l’employeur pourrait contrôler le respect de l’interdiction.
D’autres entreprises voient un intérêt dans les réseaux sociaux de leurs employés et encouragent ceux-ci à les utiliser, par exemple pour élargir le nombre de prospects, via les réseaux d’associations d’anciens élèves. Dans ce cas, la charte pourrait encadrer les conditions d’utilisation, en précisant peut-être la finalité ou en interdisant les connexions à d’autres fins que celles visant l’activité professionnelle. Les éléments clés consisteront à délimiter le mieux possible ce qui est autorisé et ce qui est interdit.
Je pense que le développement du réseau interne communautaire est de plus en plus souvent le résultat d’un constat : l’entreprise ne pourra jamais avoir la maîtrise des données qui circulent via les réseaux sociaux de ses employés. Le réseau interne est avant tout le moyen de sécuriser et de se réapproprier l’outil. L’entreprise peut notamment contrôler son image en communiquant par exemple sur ses nouvelles activités, sur ses marques, ses engagements sociaux et environnementaux. Mais c’est aussi un moyen de mieux maîtriser les échanges internes, par exemple dans le domaine de la recherche où le partage communautaire est habituel. Il y a aussi beaucoup d’autres avantages : faciliter la communication entre employés et services, mieux visualiser les domaines de compétences de chacun, permettre un partage de connaissances et expériences, mobiliser les acteurs autour de projets stratégiques…
3. Que pensez-vous des dernières prises de position relatives au « droit à l’oubli » sur Internet ? Et enfin, la loi « Informatique et Libertés » doit-elle être actualisée avec le développement du Web 2.0 ?
Internet a deux particularités : une mémoire d’éléphant et une capacité impressionnante de dissémination à l’échelle internationale. Cela peut provoquer des dégâts considérables. L’un de mes clients s’est retrouvé dans une situation délicate : alors qu’il a été relaxé des faits pour lesquels il a été poursuivi il y a plus de dix ans, des articles de presse continuent à être accessibles sur Internet, rappelant les faits pour lesquels il a été poursuivi. Une recherche sur son nom via les moteurs de recherche permet de retrouver les articles de journaux publiés au moment de son arrestation et les incriminations dont il a été victime. Les demandes de suppression de ces articles se sont heurtées à une fin de non-recevoir au nom de la « liberté d’expression ».
Autre exemple : un étudiant qui a fait le clown pour fêter ses résultats d’examen doit-il supporter toute sa vie les photos prises à cette occasion qui le mettent dans une situation impossible face aux recruteurs ?
Je considère qu’il est indispensable d’imposer le droit à l’oubli et j’y suis donc extrêmement favorable, d’autant que la prescription est un principe fondamental de notre droit.
Quant à la loi informatique et libertés, le texte fondateur résiste très bien depuis plus de 30 ans aux évolutions des technologies. Il ne faut pas oublier que la Commission nationale informatique et libertés émet des avis et recommandations qui font autorité et que, par ce biais, elle a pu s’exprimer au fil des ans et des évolutions technologiques sur tous les sujets.
Ce n’est pas tant la loi informatique et libertés qu’il faudrait revoir que la loi pour la confiance dans l’économie numérique qui n’est plus adaptée au web 2.0. Cette loi avait permis de dresser une ligne claire entre le régime d’exonération de responsabilité des fournisseurs d’accès, le régime dérogatoire de responsabilité des fournisseurs d’hébergement et le régime de responsabilité éditoriale des fournisseurs de contenus. Le web 2.0 a fait exploser ces lignes avec la multiplication des sites de partage. La jurisprudence n’en finit pas d’osciller entre les différentes qualifications comme l’illustre cet arrêt récent de la Cour de cassation du 14 janvier 2010. La Haute Juridiction a estimé que la société qui offre à un utilisateur de créer ses pages personnelles à partir de son site et qui propose aux annonceurs d’y afficher de la publicité doit être reconnue comme éditeur du contenu et ne peut prétendre au régime dérogatoire de responsabilité des hébergeurs. La Cour a en effet considéré que « les services fournis excédaient les simples fonctions techniques de stockage ». Cette jurisprudence n’est pas sans jeter le trouble parmi les praticiens du droit. Elle contredit en effet la jurisprudence récente (TGI Paris, 3e ch., 13 mai 2009, Temps Noir et autres / YouTube et autres ; CA Paris, 4e ch., 6 mai 2009, S.A. Dailymotion c/ M. C. C., Société Nord-Ouest Production et S.A. UGC Images ; TGI Paris, 15 avril 2008, Jean-Yves Lafesse c/ Dailymotion), qui considérait que le simple formatage de la page web et la mise à disposition d’espaces publicitaires ne remettent pas en cause la qualité d’hébergeur.
25 janvier 2010
Christiane Féral-Schuhl est avocat associé du cabinet Féral-Schuhl Sainte-Marie, spécialisé en droit des technologies de l'information. Elle est par ailleurs Présidente du Conseil d'Administration de l'ADIJ
(Association du Droit de l'Informatique Juridique). Elle est l'auteur de l'ouvrage
Cyberdroit : le droit à l'épreuve de l'Internet
.
Les personnalités précédemment interrogées
Bernard Haurie
Directeur de l’innovation et du développement des e-services de La Poste
Damien Vincent
Directeur Commercial France de Facebook
Guy Pujolle
Professeur à l'Université Paris VI et expert international en matière de réseaux de télécommunications
Kévin Brustis
Directeur de Topymedia (éditeur de Top-logiciel)
Olivier Itéanu
Avocat et spécialiste du droit d'Internet
Rafik Smati
Président de International Greetings (éditeur de Dromadaire.com) et de Ooprint.com
Bernard Benhamou
Délégué aux usages de l'internet
Cédric Tournay
Co-fondateur et président de Doctissimo
Louis Pouzin
Inventeur du datagramme et concepteur du premier réseau à commutation de paquets
Olivier Zara
Blogueur et fondateur de cv-20.com
Olivier Duffez
Consultant indépendant expert en référencement sur Internet, directeur de WebRankExpert
Mathilde Bohrmann
Fondatrice d'UGAL, solutions de CMS pour PME
Daniel Ichbiah
Écrivain, musicien et reporter vidéo
Eric Dupin
Blogueur responsable de Presse-Citron et Fuzz
Jean Pouly
Secrétaire Général de l’Agence Mondiale de solidarité numérique
Olivier Andrieu
Webmestre d'abondance.com, spécialiste du référencement
Yannick Landais
Délégué Général d'ARTESI île de France
Alex Türk
Président de la CNIL
Michel Volle
Statisticien, économiste et informaticien
Alain Bensoussan
Avocat, fondateur du cabinet éponyme dédié au droit des technologies avancées
Jean-François Gervais
Responsable de la filière Multimédia à la Direction de la Formation de l'INA
Jean-Paul Figer
Cap Gemini, webmestre de figer.com
Jean-Pierre Archambault
Chargé de mission veille technologique au CNDP-CRDP de Paris
Valérie-Eve Moreau
Co-organisatrice et coordinatrice de la fête de l'internet
Lorenzo Soccavo
Spécialiste en prospective de l'édition
Philippe Batreau
Fondateur de l'AIT, d'Epistrophe et d'AdmiNet France
Thierry Crouzet
Journaliste, auteur de "Le 5ème pouvoir"